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Le recul de la vieillesse

Le recul de la vieillesse

seniorsVieux sage ou vieux fou…l’histoire fournit des représentations de la vieillesse qui oscillent entre ces deux extrêmes. Contrairement au vieillissement, qui est un phénomène biologique, la vieillesse est une construction sociale qui s’est peu à peu imposée avec l’évolution démographique. L’essor du capitalisme industriel a entraîné la création des retraites. Traditionnellement, le passage à la retraite marquait l’entrée dans la catégorie sociale des personnes âgées. Avec l’évolution économique et les problèmes de l’emploi, qui ont conduit à l’instauration des préretraites, cette assimilation a perdu sa pertinence.

On associe la vieillesse à l’âge où l’on commence à avoir des limitations d’autonomie

Selon l’avis d’un spécialiste, on associe plus généralement la vieillesse à l’âge où l’on commence à avoir des limitations d’autonomie. Or, quand on regarde la courbe du handicap dans la population, on voit qu’il y a un décrochage très net autour de 80 ans. Avant, on ne peut pas parler de vieillesse.

80 ans, c’est aussi l’espérance de vie à la naissance il y a 10 ans, c’est-à-dire ne 2005, contre 71 ans en 1969. Confirmant une tendance démographique bien connue, les femmes vivaient en moyenne jusqu’à 83,8 ans, en 2005, contre 76, 7 ans pour leurs conjoints. Mais cet avantage féminin tend à se séduire : sur les vingt dernières années, l’espérance de vie des hommes a crû plus vite que celle des femmes, du fait notamment de la baisse massive de la mortalité cardiovasculaire. L’augmentation de l’espérance de vie à 65 ans est également révélatrice : en un demi-siècle, les hommes ont gagné 4,5 ans, et les femmes 6,5 ans, ce qui correspond à un allongement de l’espérance de vie à cet âge de 40 %.

Les progrès technologiques excluent les personnes de 50 ans et plus du marché du travail

Alors que le seuil de la vieillesse est repoussé d’année en année, parallèlement, sur le plan professionnel, les progrès technologiques excluent les personnes de 50 ans et plus du marché du travail. La vitesse et la performance priment sur l’expérience personnelle et le savoir-faire. Dans ce contexte, de nombreux quinquagénaires sont contraints à une inactivité prématurée. Dans les années 1960, lorsqu’on a pris conscience que la vieillesse ne commençait pas à la retraite, on a créé le concept de troisième âge pour regrouper les gens âgés de 65 à 74 ans. Aujourd’hui, ce terme n’est plus politiquement correct. Il a été remplacé par le mot anglais « seniors », englobant un groupe de personnes encore plus vaste, puisqu’on peut être considéré comme senior à partir de 55 ans. Force est de constater que, si le terme senior renvoie à l’image du retraité heureux, il répond aussi à une logique de gestion de la main-d’œuvre salariée permettant de positiver une situation inconfortable, voire difficile, dans une société où la position sociale est encore largement déterminée par la profession.




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